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Bienheureuse Sancja Szymkowiak (1910-1942)

Les gens l’appelaient l’ange de bonté. Elle vécut à peine 32 ans, prononçant ses vœux solennels sur son lit de mort. Elle avait un but précis dans sa vie, dont elle n’avait pas peur de parler haut et fort : être sainte. Ce n’était pas un caprice d’une fille exaltée, mais un désir profond, qu’elle réalisa en tant qu’étudiante puis comme religieuse, dans la simplicité de la vie quotidienne, entre les devoirs et les joies de la jeunesse.

 « Princesse, petit scarabée », c’est ainsi que l’appelaient affectueusement ses proches, reflétant son caractère joyeux. Elle contaminait les gens par son optimisme et sons sens de l’humour.

Ses parents rêvaient de la voir dans le rôle d’une maîtresse de maison, mariée, qui s’occuperait d’eux, dans un contexte calme et serein. Cependant, la jeune fille avait d’autres plans. Elle commença des études de langue romane à l’Université de Poznań. Ce fut un temps riche en études, formation spirituelle et actions caritatives. En tant qu’étudiante, elle s’engagea dans l’Association Mariale et prit part activement aux réunions, conférences et retraites fermées. Elle était bien connue parmi les pauvres du quartier défavorisé de Poznań, appelé « La Fête Foraine », où elle aidait dès qu’elle pouvait.

Elle partit en France en 1934, afin de se préparer à son examen de fin de maitrise de français. Elle participa à un pèlerinage à Lourdes, qui marqua un tournant dans sa vie. Sancja ne rentra plus à la maison mais commença son postulat chez les oblates. Elle ne put éviter l’intervention de sa famille et dut rentrer en Pologne, mais n’abandonna pas son rêve de vie religieuse. Elle était soutenue par son frère, le père Eric et finit par entrer dans le couvent des sœurs Séraphiques, qu’elle rencontra au courant de ses vacances passées à Drobnin, où Eric était curé.

En arrivant au couvent, elle passa deux nuits sur des planches nues, car on avait oublié de lui mettre un sommier. Quand la cloche sonnait l’heure de la prière, elle laissait tout tomber et courait à la chapelle. Sancja s’appliqua aux tâches les plus simples du couvent, même si elle avait fait des études supérieures. Elle était éducatrice, professeure, traductrice, travaillait à l’accueil et au réfectoire. Entièrement dévouée à son travail, on l’appelait « la Règle Vivante ». « Si l’on doit se donner à Dieu, faisons le entièrement», disait-elle.

Quand les temps durs de l’occupation allemande arrivèrent, les soldats assignèrent les sœurs à résidence pour 3 mois. En février 1940 elles furent autorisées à rentrer chez elles, mais une partie des sœurs resta, parmi lesquelles Sœur Sancja. Elles n’avaient pas le droit de porter l’habit et devaient cuisiner et faire la lessive des soldats allemands qui logeaient au couvent. La sœur était un signe de paix et d’espérance dans ces dures épreuves. Les prisonniers français et anglais, auprès desquels elle accomplissait son service de traductrice, au péril de sa vie, l’appelaient « l’ange de la bonté » et « sainte Sancja ».

Le travail, la faim et le froid la firent tomber gravement malade. Elle eut le temps de prononcer ses vœux solennels début juillet 1942 et décéda deux mois plus tard.

Le Saint Père Jean-Paul II béatifia Sœur Marie Sancja Szymkowiak au cours de la messe du 18 août 2002 dans le parc des Błonia à Cracovie, non loin de l’endroit où se trouve la maison générale des sœurs Séraphiques, auxquelles la jeune religieuse offrit son cœur et sa vie.

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